Le cancer du col de l’utérus (CCU)

En France, près de 3000 cas de cancers du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année et plus de 1100 femmes meurent chaque année de ce cancer, alors que 90% de cas pourraient être évités grâce au test de dépistage.

Fréquence et gravité

Le cancer du col de l’utérus est la 10ème cause de mortalité par cancer chez la femme en France.Près de 3000 cas de cancers du col utérin sont diagnostiqués chaque année. Plus de 1100 femmes meurent chaque année de ce cancer, l’un des seuls cancers pour lequel le pronostic se dégrade en France.

Le cancer du col de l’utérus est provoqué par un virus très répandu appelé Papillomavirus Humain (HPV). Près de 200 types d’HPV sont identifés dont 12 à haut risques (HPV HR) oncogène. L’infection à papillomavirus humain (HPV) est l’infection sexuellement transmissible (IST) la plus fréquente.Près de 80% des personnes (hommes et femmes confondus) seront exposés à ces virus au cours de leur vie. La plupart du temps, les infections sont transitoires car l’organisme élimine spontanément le virus dans les 2 ans. Mais dans 10% des cas, cette infection persiste et peut provoquer, s’il s’agit d’un HPV HR, des anomalies des cellules du col de l’utérus qui peuvent évoluer en lésions précancéreuses. Si elles ne sont pas traitées, les lésions précancéreuses peuvent évoluer vers un cancer, 10 à 20 ans après l’infection. On considère que 90% des cancers pourraient être évités grâce au dépistage.

Facteurs de risque

La cause principale du cancer du col de l’utérus est une infection persistante par un virus qui se transmet lors des rapports sexuels ou par simple contact des parties génitales : le papillomavirus humain (HPV).

Les papillomavirus appartiennent à une famille comprenant de nombreux types de virus, mais tous ne sont pas responsables du cancer du col de l’utérus. Seuls les HPV dits ” à haut risque” le sont : on en dénombre aujourd’hui une douzaine.

D’autres facteurs peuvent favoriser le développement du cancer du col de l’utérus : le tabagisme, les rapports sexuels à un âge précoce, la multiplicité des partenaires, le fait d’avoir eu plusieurs enfants (multiparité), l’utilisation prolongée de contraceptifs hormonaux, l’immunosuppression ou certaines infections (Chlamydia Trachomatis ou virus de l’herpès simplex de type 2).

Signes d’alerte

À un stade précoce, un cancer du col de l’utérus se développe souvent sans provoquer de symptôme particulier. C’est la raison pour laquelle un suivi gynécologique et des frottis réguliers sont indispensables pour détecter de façon précoce le cancer.

Certains symptômes peuvent néanmoins apparaître comme :

  • Des saignements après les rapports sexuels,
  • Des saignements en dehors des périodes de règles,
  • Des douleurs pendant les rapports sexuels,
  • Des pertes vaginales plus abondantes ou malodorantes,
  • Des douleurs dans la zone pelvienne, une gêne pour uriner, une tension douloureuse avec une envie pressante et continuelle d’aller à la selle (ténesme),
  • Des douleurs lombaires.

Ces symptômes ne sont pas spécifiques d’un cancer du col de l’utérus et peuvent avoir d’autres causes. Il est important de les signaler à votre médecin afin qu’il en détermine l’origine.

Lésions précancéreuses

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Les lésions les plus fréquentes affectent l’épithélium malpighien du col de l’utérus et sont situées la plupart du temps sur l’exocol. Plus rarement, il arrive que les lésions affectent l’épithélium glandulaire du col de l’utérus. Elles correspondent principalement aux adénocarcinomes in situ. Quel que soit le grade des lésions précancéreuses, elles peuvent évoluer de différentes manières : elles peuvent disparaître spontanément, persister, progresser vers une lésion plus sévère ou vers un cancer. La plupart des lésions de bas grade régressent ou n’évoluent pas vers des lésions de haut grade. Les lésions de haut grade ont une plus forte probabilité d’évolution vers un cancer invasif.
La survenue d’un cancer du col de l’utérus faisant suite à l’apparition puis à la progression de lésions précancéreuses, il existe un temps relativement important pour prévenir le cancer, c’est-à-dire pour détecter puis traiter les lésions précancéreuses avant qu’elles ne se transforment en cancer. C’est là tout l’intérêt du dépistage.

Traitement

Le traitement du cancer du col de l’utérus fait appel, selon l’étendue de la maladie, à la chirurgie, la radiothérapie externe, la curiethérapie et la chimiothérapie, utilisées seules ou associées.

La chirurgie

La chirurgie est principalement utilisée pour traiter les tumeurs limitées au col de l’utérus, de moins de 4 centimètres. Elle consiste le plus souvent à retirer l’utérus, certains tissus et organes voisins et les ganglions lymphatiques. Plusieurs types d’interventions existent. Le choix dépend de l’étendue précise du cancer. Mais votre âge et votre désir éventuel d’enfant peuvent aussi influencer ce choix.

La radiothérapie & la chimiothérapie

La radiochimiothérapie concomitante qui associe une radiothérapie externe, une curiethérapie et une chimiothérapie est le traitement de référence des tumeurs de plus de 4 centimètres et des tumeurs qui se sont propagées au-delà du col de l’utérus, dans le pelvis.

Dans le cas des tumeurs qui ont atteint des organes éloignés (métastases), le traitement repose sur une chimiothérapie et/ou une radiothérapie (le plus souvent externe).

Le choix des traitements est adapté à votre situation, c’est-à-dire aux caractéristiques propres au cancer dont vous êtes atteinte. Plusieurs médecins de spécialités différentes se réunissent pour discuter des meilleurs traitements possibles dans votre situation (réunion de concertation pluridisciplinaire). Ils se basent pour cela sur des recommandations de bonne pratique. Ils peuvent également vous proposer de participer à un essai clinique.

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